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LA REGION MEDITERRANEENNE - Un aperçu hydrologique

1 Une perspective géographique et climatique

La région Méditerranéenne inclue 25 pays, principautés et territoires : Portugal, Espagne, France, Monaco, Italie, Malte, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, ERY Macédoine, Yougoslavie, Albanie, Grèce, Turquie, Chypre, Syrie, Liban, Israël, Territoires palestiniens, Jordanie, Egypte, Libye, Tunisie, Algérie et Maroc avec une surface totale d'environ 9 millions km².

D'après les estimations de l'ONU, la population totale de la région était de 420 millions en 1995 et atteindra 545 millions en 2025.

La surface de la mer Méditerranée est de 2.5 millions km² et sa profondeur moyenne est d'environ 1500 m. Le littoral représente 46,000 km, dont 19,000 km d’îles.
Concernant le climat, la région Méditerranéenne est caractérisée par des hivers humides, des étés chauds et secs et par une diversité de microclimats à cause de l'influence locale du relief. Les pays du Nord de la région sont plutôt tempérés et humides, alors que les pays du Sud sont chauds et arides. Les précipitations sont contrastées en fonction des cycles saisonniers. Ainsi les mois de juillet, août et septembre sont chauds et secs, alors que l'hiver est caractérisé par le passage de dépressions dont les effets sont amplifiés par le relief.

La faiblesse des précipitations au cours de l'été et les fortes évaporations sont à l'origine des pénuries d'eau. Ce problème est particulièrement frappant dans les régions au Sud de la Méditerranée. Dans la plupart des pays du Sud, la durée de la saison sèche est supérieure à six mois. Le manque d’eau t représente un frein au développement économique .

2 Environnements marins et côtiers

Le bilan hydrologique de la Mer Méditerranée est négatif d’une part à cause du caractère saisonnier des précipitations, de l'évaporation élevée et du faible écoulement des bassins de petite superficie, et d’autre part à cause des ouvrages mobilisant de plus en plus les eaux de surface - barrages notamment. Par conséquent, les eaux de l'Océan Atlantique entrent dans la Méditerranée par le Détroit de Gibraltar alors que des eaux plus salées en profondeur sortent de la Méditerranée vers l'Océan. Cette circulation, en combinaison avec le climat Méditerranéen et le faible écoulement des bassins terrestres expliquent la faible productivité biologique en mer.

Bien que peu nombreuses et étroites - le Delta du Nil étant largement la plus vaste - les plaines alluviales côtières sont très peuplées et ont un important rôle économique : agriculture, industrie/commerce, tourisme, histoire/archéologie, etc. La plupart de ces zones représentent des écosystèmes naturels d'une grande importance. Ces plaines côtières  présentent une écologie fragile liée au changement d’occupation des sols et à une activité économique importante. Par conséquent, elles sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques  qui peuvent influencer l’hydrologie, les écosystèmes et l’élévation du niveau de la mer .

3 Population et Développement

Les pays de la région Méditerranéenne ont une population de 420 millions habitants (1995), dont 37% habitent la zone côtière, ce qui signifie que la densité de population dans cette zone est trois fois plus élevée que celle des autres régions. De plus, la densité de la population côtière varie énormément - de plus de 1000 habitants par km² dans le delta de Nil, à moins que 20 habitants par km² le long de la zone côtière en Libye. D'après les prévisions, la population de la région méditerranéenne sera de 545 millions en 2025 (UNEP, 1987a). La population des villes augmentera et atteindra en 2025 pratiquement 75% de la population totale. Par conséquent, la pression des villes sur l'environnement sera de plus en plus forte.

Dans tous les cas, la croissance de la population montre une grande variabilité entre le Nord et le Sud. La population des pays européens présente un taux de croissance annuelle qui ne dépasse guère 1%. Par contre, la croissance annuelle de la population dans les pays du Sud est comprise entre 2 et 3%. Par conséquent, dans les prochaines années, la population augmentera et rajeunira dans les pays du Sud . Ces pays devront alors faire face à des problèmes de formation et de créations d’emplois. La diversité des  systèmes politiques et économiques ainsi que les différences historiques ont débouché sur des divergences du niveau de développement entre les pays Méditerranéens. Ainsi, entre les pays industrialisés du Nord (France, Italie et Espagne) , ceux en voie d'industrialisation (Grèce, Yougoslavie et Turquie) et les pays du Sud, subsiste un fort contraste.

4 Ressources

La plupart des pays Méditerranéens manquent de ressources naturelles. La Libye, l’Algérie et l’Egypte produisent du pétrole, le Maroc est le troisième producteur mondial de phosphates, l’Albanie est le troisième producteur mondial de chrome, et l'Espagne le deuxième producteur mondial de mercure. Les ressources en eau sont abondantes au Nord mais rares au Sud. Les forêts ont une valeur économique limitée mais sont d’une importance capitale pour la préservation des sols, ainsi que pour le tourisme et la conservation des paysages.

L'agriculture Méditerranéenne est caractérisée par des cultures variées, en particulier celles des olives, des agrumes, du raisin, et de grains ; l’élevage du mouton prédomine. De plus en plus, l'irrigation dans le Sud est nécessaire pour maintenir ou augmenter la production des cultures. L’espace réservé à l’agriculture a tendance à diminuer dans les zones côtières bien que la terre dans ces régions soit d’une grande qualité tout particulièrement autour des deltas. Cependant,  l'agriculture méditerranéenne est aussi caractérisée par une mauvaise utilisation et une surexploitation des terres sur le long terme. Cela découle généralement de la pauvreté des sols, des faibles précipitations et d’une forte pression démographique principalement dans le Sud.  Récemment,  la modernisation de l’agriculture  et la forte urbanisation dans les pays du  Nord ont mené à l’abandon progressif des terres agricoles et à une avance considérable des forêts. Ce contraste est plus fort dans le Sud et dans l'Est ou les zones marginales, comme les steppes arides et les prairies, sont utilisées pour produire des céréales ; malheureusement la faiblesse des précipitations et l’inexistence de rivières pérennes limitent le recours à l'irrigation. Par conséquent, la désertification a gagné du terrain dans les pays de l'Afrique du Nord et du Proche Orient. En considérant la tendance de ces 40 dernières années, les terres susceptibles d’être cultivées dans un futur proche au Sud et à l’Est du Bassin Méditerranéen, seront dédiées à la production de céréales, malgré la prise de risque et le faible rendement de ces récoltes.

La Mer Méditerranée n’assure pas l’autosuffisance alimentaire en consommation de poissons.; 50 % de la consommation est importée.  Une grande partie du stock poissonnier des régions côtières du Nord de la Méditerranée est surexploité, et la mise en place de réglementations est urgente si l’on veut éviter un épuisement de la ressource et maintenir un taux élevé de production.  La mis en place de réserves pélagiques et  le développement de l'aquaculture sont des solutions d’avenir. Cependant, la pression que subissent les zones côtières, en terme de développement, pollution et démographie, peut être un frein au développement de l’aquaculture.

Enfin, il faut souligner que la région méditerranéenne demeure la région la plus visitée au monde, principalement à cause de son climat ensoleillé et de son passé historique et archéologique.  Par conséquent, le touriste est le premier usager  des zones côtières de la Méditerranée.  Par exemple, en 1984, on a dénombré 100 millions de touristes dans ces zones. La totalité des  installations touristiques de la zone côtière  s’étend sur plus de 2 millions m², et la consommation d'eau en 1984 s’élevait à 569 millions m³ (UNEP, 1989). Le nombre des touristes en l’an 2000 atteindra 120-180 millions, et 170-340 millions en 2025 (UNEP, 1987b). Une telle croissance conduira à une augmentation progressive de l’espace dédié au tourisme et de la production d’eau potable et d’électricité . De plus, on constatera une pression de plus en plus forte sur certains milieux naturels tels que les plages et les dunes.

5. L'effet de serre et les changements climatiques

Les questions relatives à l'effet de serre débouchent sur de grandes incertitudes mais comporte des risques potentiellement élevés. Même les prévisions les plus affinées, comme celles concernant la température moyenne globale, sont incertaines. Les prévisions du réchauffement moyen global de la planète pour la période 1990-2030 se situent dans l'intervalle 0.5-1.4 °C, un intervalle qui peut s’élargir si l’on considère l'incertitude des concentrations de gaz et de leur effet de serre à l'avenir. A la limite inférieure de cet intervalle, les changements sont comparables au réchauffement moyen global déjà observé au cours de ce siècle (bien que le réchauffement futur devrait s’accélérer). Pourtant, le changement éventuel en 2030 n'est pas le seul paramètre pris en compte.  En 2030, une élévation  substantiele du réchauffement  peut être observée, même si la concentration du gaz serre peut être maintenue constante à son niveau en  2030. A cause de cette prévision  du réchauffement  et du fait que des grands augmentations de concentration de gaz-serre sont inévitables, on est déjà engagé dans des changements significatifs du climat régional. En cas de superposition  de ces derniers avec des  événements déficitaires relativement  fréquents, l'impact des sécheresses pourrait  être considérable. A la limite supérieure de l'intervalle, les températures moyennes globales prévues pourraient largement être dépasser toutes les valeurs déjà observées par l’homme. Ainsi, il y a une raison très claire pour travailler sur ce sujet et une nécessité urgente pour réduire les incertitudes.

Pour le bassin Méditerranéen, l’utilisation d’un Modèle de Circulation Générale de l’Atmosphère (MCG) donne des résultats similaires concernant la valeur du réchauffement moyenne globale. Les périodes de retour des évènements  extrême diminueront dans le temps en provoquant des effets sur le bien être des populations et sur les phénomènes  naturels comme les incendies de forêts. De plus, le réchauffement provoquera probablement une plus grande évaporation et une réduction de l'humidité pendant la saison de végétation, provoquant des stress thermiques et hydriques  sur la végétation.

Les prévisions des précipitations varient largement d'un modèle à l'autre. Par conséquent , il est difficile de prédire l’évolution des précipitations, en se basant seulement sur les résultats du modèle GSM. Selon la position géographique, le modèle et la saison considérée, les changements prévus d'ici 2050 sont compris dans l'intervalle +/- 1 mm/jour. Le taux moyen de précipitation pour l’ensemble  du bassin Méditerranéen est d’environ 1 mm/jour. Ces grands changements sont absolument irréalistes et mettent en évidence les faiblesses du modèle. Toutefois, les possibilités de changements substantiels doivent être prises au sérieux (par exemple jusqu'à 30% pendant les prochaines 50-100 années ).

6. Le cycle hydrologique aujourd’hui et demain

On note une influence évidente du relief sur les précipitations. Une valeur minimale est observée le long de la côte Est de l'Espagne (200-400 mm/an), tandis que des valeurs élevées de précipitation sont observées le long des côtes marocaines, algériennes, yougoslaves (1500-2000 mm/an) et grecques. Les valeurs les plus basses de précipitations sont observées dans le Sud de la région (100-400 mm/an). Les précipitations  sont faibles pendant la période estivale, à l'exception des zones situées au Nord du 45° parallèle où l’on observe une distribution régulière des précipitations tout au long de l’année.

L'évapotranspiration annuelle le long des côtes Nord de la région est de 400-600 mm/an, avec un maximum au début de l’année calendaire.

L'écoulement moyen annuel varie énormément d’un bassin à l’autre de la région Méditerranéenne. Le long des côtes Est de l'Espagne, il montre une valeur de 100 mm/an, tandis que le long des côtes de la mer Ligurienne les valeurs sont plus élevées(400-500 mm/an). Le long des côtes de la mer Adriatique, l'écoulement annuel montre une valeur d'environ 300 mm, par contre le long des côtes Ouest,  il manifeste des valeurs plus élevées. Le long des côtes Sud de la Méditerranée, les valeurs de l'écoulement annuel sont assez variables. Par exemple, près de Tunis, il montre une valeur de 100 mm/an. Le coefficient d'écoulement est de 0.5 à 0.6, à l'exception du Sud de l'Espagne et de la Tunisie où il montre une valeur très faible (0.1).

Les valeurs de l'évapotranspiration et de l'écoulement dans le futur ont été calculées par la méthode du bilan hydrologique utilisant les informations sur les changements des précipitations et d’un  modèle GIS. Ainsi, dans le Nord de la Méditerranée, il y aura une faible croissance des précipitations et une augmentation très élevée de l'évaporation comparée aux autres pays de l'Europe. Bien que l'augmentation de l'écoulement est estimé à  46 mm/an, le déficit en eau dans cette partie de l’Europe aura des conséquences sur l’agriculture et l’usage élargi des terres. Cependant, il est important de noter que ces conclusions sont valables pour la période annuelle. Nous devons aussi prendre en considération le fait que les changements saisonniers, bien que faibles, peuvent avoir des conséquences importantes , par exemple sur l'agriculture, dans le cas ou  les réservoirs ne suffiraient pas à stocker les eaux de pluie et d’écoulement et à les redistribuer plus tard en fonction des besoins.