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La mesure de débit


 
 

Sources et références bibliographiques :

La Houille Blanche- Numéro 4/5-1987

Réseau Ile de France - Les limnigraphes- Synthèse Déc.1986

Commission Limnimétrie en Réseau d'Assainissement et Milieu Naturel

Colloque sur la télémesure et la transmission de données en hydrologie -

Actes du Colloque de Toulouse en Mars 1987. Service de la Navigation de Toulouse/OMM.

Techniques Hydrométriques Classiques et Modernes parG.JACCON-ORSTOM

Les cahiers de VERSEAU- Systèmes de télémesure- Verseau S.A. 1990

Plate-Forme Metrologique - Tests comparatifs - BRGM 1993

Journées Techniques Hydrologic - 1993

La France et l'hydrologie opérationnelle - Ministère Environnement

L'eau, l'industrie, les nuisances

© 1995 Encyclopædia Universalis France S.A.







Dans un seuil de jaugeage, la mesure de débit sera ramené à une mesure de niveau. Le moulinet reste l'appareil le plus utilisé pour la mesure des débits en rivière par exploration du champ des vitesses. Cependant cela nécessite un matériel lourd et encombrant ainsi qu'un personnel nombreux..

Différents principes de mesure peuvent être mis en œuvre :
 

Le capteur électromagnétique
Le principe de fonctionnement du capteur électromagnétique repose sur l'application de la loi d'induction de Faraday selon laquelle lorsqu'un conducteur électrique traverse perpendiculairement un champ magnétique, on obtient une tension induite. En débitmétrie, cette tension est proportionnelle à la vitesse de passage du liquide considéré et est indépendante des caractéristiques du liquide à mesurer telles que densité, viscosité, conductivité électrique, mais non des caractéristiques de sa charge particulaire.
 
L'Ultra son Doppler
Le capteur fixé sur un coté de l'écoulement émet un signal ultrasonique dans le flux du liquide. Lorsque ce signal est réfléchi par les particules solides ou les bulles d'air, sa fréquence se modifie proportionnellement à la vitesse du fluide.
 
L'ultra son de transfert
La mesure est alors basé sur la vitesse de transfert en fonction du courant. Celle-ci est plus rapide dans le sens du courant que dans le sens de la remontée. La variation significative est la différence entre ces deux temps de transfert.
 
 

Il est évidemment plus facile de mesurer un débit si l’on peut canaliser l’écoulement dans une conduite et dans ce cas il existe toute une panoplie de débitmètre : Ce domaine de la débitmétrie est caractérisé par la diversité des facteurs à prendre en compte et par les multiples principes de mesures susceptibles d'être mis en œuvre. Le choix d'un appareil suppose que, préalablement toutes les conditions d'utilisation soient identifiées avec rigueur.


Le principe de l'ADCP

Acoustic Doppler Current Profiler





L'ADCP est un profileur de courant à effet Doppler. II mesure des profils verticaux de la vitesse de l'eau, en utilisant ('énergie acoustique. Une impulsion d'énergie acoustique (dénommée "Ping") est transmise dans l'eau comme le ferait un sonar de sou5-marin mais à une fréquence plus élevée. L'énergie de cette impulsion est réfléchie sur des particules en suspension et en déplacement dans l'eau et une partie de cette énergie est retournée à l'ADCP. L'ADCP mesure le glissement de fréquence de l'énergie réfléchie et de là, calcule la vitesse relative de l'eau par rapport à l'ADCP.

L'ADCP mesure également sa propre vitesse et direction de déplacement par rapport au fond de la rivière en employant la même technique que celle utilisée pour la mesure de la vitesse de l'eau. Les détails des mesures sont différents puisque le fond est immobile et solide.
 
 

1- Profils de vitesse Au fur et- à mesure que l'ADCP traite les signaux réfléchis par les particules dans l'eau, il divise la colonne d'eau en un nombre de segments dans le sens vertical. Ces segments sont dénommés "CELLULEs" (Depth cells). L'ADCP mesure la vitesse et la direction de chaque cellule. Si nous représentons la vitesse en fonction de la profondeur, nous obtenons le profil de la vitesse depuis la subsurface jusqu'à l'approche du fond. L'épaisseur des cellules est un paramètre que vous pouvez sélectionner (certaines restrictions existent, cependant, en fonction de l'appareil, de sa fréquence et des lois de la physique). Avec un ADCP fonctionnant a 1200 kHz, ces cellules peuvent être aussi fines que 5 cm. Ainsi dans des eaux peu profondes (quelques mètres), vous pouvez faire plusieurs mesures simultanées de la vitesse au lieu d'une ou deux en chaque position lors de la traversée de la rivière

Pratiquement, l'ADCP réalise un profil en un peu moins d'une seconde. Cependant, puisque chaque profil peut contenir jusqu'à 3000 octets d'informations, le disque dur de votre calculateur serait vite saturé si vous enregistriez toutes les mesures. Afin de résoudre ce problème, vous pouvez demander à l'ADCP de faire la moyenne de plusieurs mesures avant de transmettre le résultat au calculateur. Pour chaque cellule, une moyenne est faite de toutes les mesures obtenues à la profondeur correspondante, sur une période correspondant à un certain nombre d'émissions ("Pings"). Cette moyenne de plusieurs mesures individuelles est dénommée un "ENSEMBLE". C'est cet ensemble qui est habituellement enregistré dans le calculateur.
 
 

2-. Suivi du fond L'ADCP mesure la vitesse et la direction de l'écoulement de l'eau par rapport à lui-même. Ainsi un profileur se déplaçant dans la direction nord à une vitesse de 1 m/s dans des eaux stagnantes et une eau se déplaçant dans la direction sud à une vitesse de 1 m/s et mesurée par un ADCP stationnaire, auront les mêmes résultats quant à la vitesse de l'eau. Un ADCP se déplaçant dans la direction nord à une vitesse de 1 m/s dans une eau s'écoulant dans la direction sud à une vitesse de 1 m/s produirait une vitesse apparente de 2 m/s dans la direction sud. Donc,l'ADCP inclut un système de suivi du fond qui permet de calculer la vitesse et la direction de déplacement de l'ADCP par rapport au fond.
En soustrayant la valeur de déplacement de l'ADCP de la valeur de la vitesse apparente de l'eau, nous obtenons la vraie vitesse de l'eau par rapport au fond.
L'ADCP peut faire la moyenne des mesures de sa vitesse par rapport au fond de la mène manière qu'il fait la moyenne des profils de courant afin de fournir un ensemble moyen. Si vous demandez à l'ADCP de
réaliser une moyenne sur 5 émissions pour Ian mesure des courants et de S émissions pour la mesure de sa vitesse par rapport au fond, il opérera d'une façon alternative, à savoir émission ("poing") pour les courants, émission pour le fond, fera la moyenne des mesures pour les courants et la moyenne des mesures pour la vitesse par rapport au fond avant de transmettre les mesures au calculateur.
  3. Autres mesures

. L'ADCP enregistre également d'autres informations relatives à la mesure de la vitesse de l'eau. Ces informations sont décrites succinctement ci-dessous.

a) Température
L'ADCP dispose d'un capteur de température installé dans le porte-transducteur et mesure ainsi la température de l'eau. Cette mesure est très importante puisque le calcul de la vitesse du courant et de la vitesse par rapport au fond dépend de la vitesse de propagation _du son dans l'eau. La vitesse du son dans l'eau est fonction de la température et de la salinité. L'ADCP mesure directement la température. II vous sera demandé de dire à l'ADCP quelle est la salinité de l'eau. b) Compas Afin de fournir les mesures de vitesse en coordonnées, Nord-Sud, Est-Ouest, l'ADCP inclut un compas type fluxgate qui mesure l'orientation de l'ADCP par rapport au champ magnétique terrestre. De là, l'ADCP peut déterminer la direction de l'écoulement de l'eau et son déplacement relatif par rapport au fond. c) Roulis et tangage Afin de tenir compte des mouvements du bateau, l'ADCP inclut un capteur de roulis et tangage. Cela permet, soit à l'ADCP, soit au logiciel, de corriger les mouvements du bateau. d) Intensité L'ADCP enregistre également l'intensité de l'énergie acoustique réfléchie et reçue à partir des particules en suspension dans l'eau. Cette information est utile pour d'autres applications mais également pour une assurance qualité des mesures réalisées par l'ADCP. e) Corrélation L'ADCP utilise une opération mathématique dénommée "CORRELATION" pour calculer les vitesses. L'amplitude de cette fonction de corrélation est également fournie par l'ADCP au calculateur. Cette valeur est également utile pour s'assurer de la qualité des mesures quand vous les analysez. f) Pourcentage bon Comme mentionné précédemment, l'ADCP peut faire la moyenne des mesures individuelles avant de les adresser au calculateur. Si, pour quelle que raison que ce soit, une émission ("ping") fournit de mauvaises mesures, ces mesures ne seront pas utilisées lors du calcul de la moyenne. Le terme "PERCENT Good" (% ) vous indiquera quel est le pourcentage des émissions ("pings") qui ont été employées pour réaliser la moyenne. Par exemple, si vous avez programmé l'appareil pour qu'il fasse une moyenne toutes les 5 émissions et uniquement 3 émissions ont été considérées comme bonnes, l'ADCP communiquera à l'ordinateur que le pourcentage bon est de 60 %.

I.A.3.g) Horloge en temps réel

L'ADCP dispose d'une horloge en temps réel afin de mesurer les temps indépendamment de celle du calculateur. L'horloge à l'intérieur de l'ADCP mesure le temps avec une précision de 0,01 seconde et est précis à plus ou moins quelques secondes par mois. La date et le temps d'une émission ("ping") ou d'un ensemble sont fournis avec chaque bloc de mesures. En utilisant le temps entre 2 émissions et la vitesse du bateau, vous pouvez calculer la distance que le bateau a parcouru entre 2 émissions. Cette distance est nécessaire pour, en final, calculer le débit total ainsi que pour visualiser la trajectoire du bateau.
 
 

4. Principes du débit total
 
a) Indépendance par rapport au trajet suivi
Le débit, dans une section mesurée, représente le total de ('écoulement passant perpe.ndiculairement à la surface projetée sur le fond de la trajectoire du bateau. Le débit est indépendant de la trajectoire du bateau entre deux points opposés, chacun sur une rive de la rivière. Vous n'avez pas besoin de lignes tirées d'un bord à l'autre, ni besoin de parcourir une trajectoire rectiligne. Cela facilite les mesures de débit surtout dans des zones à haut trafic fluvial ou sur des rivières ou fleuves très larges.

Puisque l'ADCP mesure sa propre vitesse par rapport au fond, cette information est utilisée pour calculer la trajectoire du bateau par rapport à la terre. Le logiciel TRANSECT qui est livré avec l'ADCP, calcule le débit total en employant cette information et les mesures des profils de courant.

b) Limites des mesures L'ADCP ne mesure pas directement tout le profil de vitesse depuis la surface jusqu'au fond. Les diverses raisons en sont : Immersion de l'ADCP Les bases émettrices-réceptrices (transducteurs) de l'ADCP nécessitent d'être immergées assez profondément de façon à ce qu'elles soient continuellement recouvertes d'eau. 25 cm correspond à une profondeur d'immersion typique. Cette valeur permet de conduire le bateau à une vitesse raisonnable avant que des remous n'entraînent de l'air sous les transducteurs, bloquant ainsi l'émission de l'énergie acoustique. Cette immersion de 25 cm permet également des mouvements de roulis et tangage faibles. Sur une surface très calme, vous pouvez même installer l'ADCP moins profondément et plus profondément, si la surface est agitée. Suppression après émission Puisque les mêmes transducteurs sont utilisés pour l'émission et la réception de l'énergie acoustique, il faut qu'une portion de temps très courte sépare l'émission de la première réflexion. Cela est nécessaire pour tenir compte de l'amortissement de la vibration de Ia face des transducteurs créée par l'émission. Pour un ADCP fonctionnant à 1200 kHz en mode 4 par exemple, avec des cellules de 25 cm d'épaisseur, cette distance de suppression est de 30 cm. Structure de l'impulsion - retard L'impulsion acoustique émise est composée de 2 ou plusieurs impulsions distinctes très légèrement' espacées les unes des autres. Cet espacement est appelé "LAG" (RETARD). Au moins un retard est nécessaire. en dessous de la zone de suppression. Ce retard a grossièrement la même taille qu'une cellule.

Ainsi la profondeur à partir de la surface de l'eau avant la première cellule mesurée par l'ADCP est la somme de la profondeur d'immersion de l'ADCP, de la suppression et du retard. Pour un 1200 kHz en mode 4 avec des cellules de-25 cm d'épaisseur, la distance depuis la surface jusqu'à la première cellule mesurable est d'environ 1 m. L'ADCP et le logiciel calculent automatiquement cette distance à condition que vous indiquiez au calculateur au travers du logiciel, la profondeur d'immersion du bloc transducteurs.
 
 

Effets dus au fond (1) Lobes secondaires Les mesures d'une couche d'eau près du fond de la rivière ne sont pas utilisées pour calculer le débit total. La raison en est, qu'outre l'énergie émise par un transducteur, une petite partie d'énergie est également émise par plusieurs cônes centrés sur le faisceau central. Ces cônes d'énergie sont connus sous le nom de "LOBES SECONDAIRES". Le lobe secondaire ayant la plus grande amplitude est situé à 30° du lobe principal. Une partie de l'énergie du lobe secondaire est réfléchie par le fond pendant que le lobe principal est encore réfléchi par les particules en suspension dans la colonne d'eau. Même si le lobe secondaire est notamment plus faible en intensité que le lobe principal, l'énergie réfléchie sur le fond est plus forte que celle réfléchie sur les particules en suspension. II est ainsi possible que les réflexions des lobes secondaires sur le fond interfèrent avec les réflexions sur les particules en suspension et fournissent des valeurs erronées pour les vitesses près du fond. Pour la mesure du débit, le logiciel TRANSECT n'utilise pas les mesures en provenance des régions pouvant être affectées. Pour un ADCP avec des transducteurs inclinés à 20°, l'épaisseur de la couche près du fond, polluée par les lobes secondaires est de 6 % de la distance comprise entre les transducteurs et le fond. (2) Longueur de 1'impulsion Le logiciel TRANSECT n'utilise, par ailleurs, aucune mesure de la cellule la plus proche du fond. La raison en est que dans la dernière cellule, l'énergie du front de l'impulsion est réfléchie sur le fond pendant que l'énergie de la queue de l'impulsion est encore en train de se réfléchir sur des particules en suspension dans l'eau. Donc, l'énergie réfléchie par le front de l'impulsion pollue la réflexion de l'arrière de l'impulsion. C'est la raison pour laquelle, TRANSECT n'utilise pas la dernière cellule.

Par exemple, si la profondeur de l'eau est de 4 m et que vous utilisez un ADCP ayant des transducteurs inclinés à 20° et des cellules de 25 cm, la couche polluée par les lobes secondaires est de 400 cm x 0.06 = 24 cm. Puisque les cellules ont 25 cm d'épaisseur et sont plus épaisses que la couche près du fond contaminée par les lobes secondaires, aucune mesure dans les 25 cm au-dessus du fond, n'est utilisée pour calculer le débit.

Par ailleurs, si la profondeur est de 1 S m, la couche polluée par les lobes secondaires devient 90 cm. Cette couche étant supérieure à l'épaisseur d'une cellule, ce sont 90 cm au-dessus du fond .qui ne seront pas utilisés dans le calcul du débit.
 

d) Calcul du débit total

Courant mesuré: Le logiciel TRANSECT calcule le débit depuis la première cellule jusqu'à la dernière cellule non affectée par le lobe secondaire mais qu'advient-il de la couche supérieure qui n'est pas du tout mesurée et de la couche sur le fond dont les mesures ne sont pas utilisées ? Le débit pour ces deux couches est extrapolé à partir des mesures intermédiaires jugées bonnes.

Extrapolation : couche supérieure, couche inférieure, côtés L'extrapolation pour le débit de la couche supérieure et de la couche inférieure peut se faire de deux façons différentes avec TRANSECT. Une façon consiste à utiliser la vitesse de la cellule la plus proche de la surface ou du fond comme vitesse pour les régions non mesurées : ceci s'appelle une extrapolation "CONSTANTE" ou "LINEAIRE". L'autre technique consiste à superposer une courbe exponentielle à la courbe des courants mesurés dans la partie des mesures reconnues bonnes et prolonger cette courbe jusqu'aux limites. Habituellement, c'est cette seconde technique qui produit les résultats les plus précis. Vous pouvez choisir l'exposant de la courbe exponentielle afin d'obtenir la meilleure superposition possible. Les formules décrivant les détails de cette extrapolation peuvent être trouvées dans l'appendice F de la notice TRANSECT.
 
Profondeur minimum
De la discussion concernant la couche superficielle et (a couche près du fond, vous avez probablement déduit qu'il existe une profondeur minimum au-delà de laquelle, vous ne pouvez pas acquérir de bonnes mesures. Pour un ADCP fonctionnant à 1200 kHz, en mode 4 avec des cellules de 25 cm d'épaisseur, nous perdons environ 1 m en surface et au minimum 25 cm près du fond. Vous souhaitez au minimum deux cellules fournissant des bonnes mesures de vitesse. Ainsi, la profondeur minimum absolue avec des cellules de 25 cm d'épaisseur est de 1,75 m. Actuellement, en mode opératoire 4, la profondeur minimum est d'environ 2,5 m, due à d'autres limitations imposées par ce mode (Remarque : il existe d'autres modes qui seront discutés ultérieurement qui permettent d'opérer dans des eaux encore moins profondes). Cela signifie, par ailleurs, que vous ne pouvez vous rapprocher des rives de la rivière qu'à une distance respectant la profondeur minimum définie ci-dessus.

Le logiciel TRANSECT inclut une méthode pour estimer les débits proches des deux rives en utilisant les mesures des ensembles jugées bonnes et les plus près des rives. Cette estimation ne se fait pas pendant que vous acquérez les mesures mais ultérieurement, quand vous passez en play-back et à ce moment-là, entrez les distances entre rives et premières mesures de l'ADCP, permettant ainsi au logiciel TRANSECT d'estimer le débit de ces deux sections. A nouveau, pour plus de détails sur ce calcul, consultez la notice en anglais. Vous apprendrez la procédure réelle un peu plus loin dans cette notice.

Voir aussi le site du fabricant : http://www.rdinstruments.com
 


La mesure du débit

La notion de débit

Le débit d'un cours d'eau est le volume d'eau écoulé en une seconde par ce cours d'eau.
Son unité est le m3/s ou le  l/s, pour les débits les plus faibles.

Le débit spécifique Q' est le débit de 1 km² de bassin versant :
Il s'exprime en l/s/km² ou en mm/j.
 

La station de jaugeage

Une station de jaugeage peut être définie comme l'ensemble des dispositifs utilisés en un point d'un cours d'eau pour permettre d'en déterminer le débit à tout instant à partir du repérage du niveau de l'eau à un limnimètre ou à partir de l'enregistrement limnigraphique des variations du niveau comptées depuis une origine quelconque repérée sur le limnimètre. 
La correspondance entre les cotes de ce plan d'eau et les débits est établie grâce à des jaugeages effectués par une des méthodes indiquées par ailleurs. Ces jaugeages associant hauteur d'eau et débit, il devient possible de trouver la relation liant le débit Q à la hauteur d'eau h de l'échelle. En reportant sur un papier orthonormé les valeurs correspondantes de Q et de h, on voit les différents jaugeages s'organiser en un nuage plus ou moins effilé, et l'on peut tracer sur le graphique la courbe de tarage, expression de la fonction Q = f (h).

Les éléments constitutifs d'une station de jaugeage sont : 
 
la section de contrôle
le limnimètre
le puits, les prises d'eau, la guérite de protection des appareils
les appareils enregistreurs (limnigraphes)

La section de contrôle

deversoir.jpg (37790 octets)
La courbe de tarage Q(h) d'une station résulte des caractéristiques hydrauliques et topographiques de la rivière aux abords de la station. On qualifie de naturelles les sections de contrôle où l'écoulement se produit dans un lit non modifié par l'homme. Toutefois, celui-ci est parfois conduit à aménager le lit pour obtenir les qualités requises par une bonne station de jaugeage. Le déversoir remplit cette fonction. Le principe de mesure consiste à déduire le débit de l'épaisseur de la lame liquide s'écoulant au-dessus du déversoir, placé en travers de l'écoulement.
Le déversoir compte parmi les plus simples et les plus anciens appareils de mesure du débit. Généralement, la hauteur est maintenue stable grâce à une crête perpendiculaire à l'écoulement. Selon la géométrie du déversoir, la relation mathématique entre hauteur mesurée et débit varie.
Divers types de déversoirs sont d'usage très courant, tels le déversoir triangulaire, le déversoir rectangulaire et le déversoir trapézoïdal.

le seuil jaugeur RS (Mai 1998)

seuil.jpg (37993 octets)

les différents types de déversoirs
d'après Guyot, 1997

Les données tirées de ces déversoirs sont sûres à condition que l'écoulement qui se produit en aval de la crête permette à l'air de s'infiltrer sous la nappe d'eau, sans quoi l'écoulement tend à augmenter par appel au vide.

Le limnimètre

Le limnimètre est l'élément de base des dispositifs de lecture et d'enregistrement du niveau de l'eau : il est constitué le plus souvent par une échelle limnimétrique verticale ou inclinée placée près de la prise d'eau du limnigraphe sur laquelle on lit le niveau de l'eau lors des jaugeages.
Le zéro de l'échelle limnimétrique doit être placé au-dessous des plus basses eaux possibles dans les conditions de creusement maximum du lit dans la section de contrôle, et ce pour ne pas avoir de cotes négatives.

Le limnigraphe

richard.jpg (10928 octets)

Le limnigraphe est un appareil de mesure des hauteurs d'eau qui permet leur enregistrement en continu.
Le limnigraphe "Richard" comprend un flotteur (1) qui par jeu de poulies réducteur de course (2) entraîne un stylet encré (3) devant un tambour (4) tournant sur lui-même en 1, 7, 14 ou 28 jours. Il est calé sur le 0 de l'échelle.

Il existe d'autres sortes de limnigraphes : 



pneumatiques encore appelés "bulle à bulle"
à sonde de pression piézo-électrique
à ultrasons

 
 
 
 

schéma d'un limnigraphe
source : Lambert R., 1996

Le site d'étude RS est situé sur un replat granitique contrôlé par une bâche qui force le passage de l'eau à l'exutoire et minimise la perte d'information. La surveillance des débits a lieu dans un puits de tranquillisation pour éviter les effets de batillage (clapotis) à l'aide d'un limnimètre et d'une sonde à ultra-sons.

Les méthodes de jaugeage

Le jaugeage capacitif

seau.jpg (21549 octets) La méthode la plus précise sur les faibles débits est la mesure dite "à capacité". Nécessitant au plus deux opérateurs, un récipient  et un chronomètre, elle s'applique à un flux faible et canalisé (RH, BH et RUZS). La méthode consiste à mesurer le temps que met le récipient, de volume connu, à se remplir de l'eau coulant du déversoir.
La formule Qc = V/T (où V est le volume du seau en litres et T le temps en secondes mis pour le remplir) donne le débit (en l/s). L'erreur de mesure est faible avec ce système et peut être estimée en fonction de l'imprécision sur le temps de remplissage et le volume du seau.
Exemple de jaugeage capacitif au seau

Le jaugeage chimique

Sur les seuils jaugeurs plus importants, la méthode employée est celle du jaugeage chimique. Elle consiste à injecter en une section A d'un cours d'eau, une solution de concentration c connue, puis à doser l'évolution de la concentration en cette solution dans une section avale B. On en déduit alors le débit.
Dans le cas du site du Strengbach, le traceur utilisé est le chlorure de sodium NaCl, qui s'applique bien aux petits débits. Le principe repose sur la hausse de la conductivité électrique de l'eau avec l'ajout de chlorure de sodium. Une quantité de sel est donc introduite dans l'écoulement, en amont d'une sonde conductimétrique qui indique alors une hausse de conductivité soudaine au passage de l'eau salée. On procède à des mesures avant et pendant l'injection, toutes les 10 s jusqu'au retour à la conductivité initiale. conducchrono.jpg (12114 octets)
Le débit est donné par la formule:

debit_form.gif (1365 octets)


M = masse de NaCl
Ci= concentration à la station de mesure
Dt = pas de temps
C0 = concentration initiale
k = caractéristique du procédé et du matériel utilisé
conductimètre et chronomètre, indispensables au jaugeage chimique au NaCl

Le sel doit être préalablement dilué, car des problèmes peuvent se poser dans le cas de l'eau froide qui dissout mal les cristaux de sel. Ce jaugeage suppose aussi un régime permanent de la rivière, une conservation de la masse du traceur et un bon mélange.
Le jaugeage chimique au sel permet également de calculer le temps de passage en secondes et la vitesse d'écoulement en m/s. La vitesse est donnée par la formule V = L / T où L est la distance amont-aval en mètres et T le temps de passage. 
NOTE : Seules ces méthodes de jaugeage ont été utilisées au site du Strengbach durant le stage, mais il en existe de nombreuses autres. Parmi elles, on peut citer les mesures selon la vitesse d'écoulement, par colorant, par corps flottant ou par moulinet. Le moulinet (voir ci-contre) est un instrument qui mesure la vitesse du courant grâce à une hélice calibrée dont le nombre de révolutions dépend de la vitesse du courant. helice.jpg (15578 octets)
Exemples de moulinets
In Champoux & Toutant, 1996

Pour de plus amples informations sur les techniques de jaugeage, se référer à Champoux & Toutant, p162 à 171. 

Copyright © 1999 Jean Melounou
Dernière révision de la page: 25 October 1998